Le problème de la pénurie d’électricité s’accentue: difficultés d’importation, résistance aux énergies nouvelles et centrales combinées à gaz
Le 20 mai 2010
Les chiffres actuels de la dernière édition de l’étude Axpo «Perspectives pour l’électricité 2020» le montrent: le problème de la pénurie d’électricité s’est clairement accentué. Les contrats de livraison conclus avec la France seront en péril bien avant la date que nous avions prévue en 2005. Les centrales combinées à gaz envisagées à l’époque ne constituentplus une option réaliste. De plus, les projets de construction dans le domaine des nouvelles énergies renouvelables se heurtent à une résistance croissante.
99,99%. La disponibilité moyenne de l’électricité en Suisse se situe de toute évidence à un très haut niveau et ce, indépendamment de la demande. Il y a cinq ans, avec la publication de l’étude "Stromperspektiven 2020", Axpo a montré que les besoins en électricité et les capacités de production disponibles évoluaient en sens contraire. Conséquence: aujourd’hui déjà, le courant électrique produit en Suisse à partir d’énergie hydraulique et nucléaire et de nouvelles énergies renouvelables ne suffirait plus au cours du semestre d’hiver pour assurer l’approvisionnement continu de la Suisse. La sécurité d’approvisionnement est donc en péril.
La nouvelle étude fait apparaître que la situation a encore empiré. En voici les raisons:
- L’option des centrales combinées à gaz impraticable: si, en 2005, les centrales combinées à gaz constituaient au moins une possible solution transitoire, aujourd’hui, elles n’offrent aucun espoir de rentabilité, parce que le CO2 émis devrait être compensé principalement dans le pays. La dépendance à l’égard du gaz et l’impossibilité de compenser les émissions de CO2 en Suisse ont amené Axpo à ne pas poursuivre ses projets de construction de centrales combinées à gaz en Suisse. Heinz Karrer, CEO d’Axpo, constate: "Nous pensions recourir à la solution des centrales combinées à gaz pour garder le cap jusqu’au remplacement des centrales nucléaires existantes. Le hic, c’est qu’en raison d’une disposition légale imposant de compenser 70% des émissions de CO2 en Suisse, les centrales combinées à gaz ne sont plus rentables et n’entrent dès lors plus en considération pour faire face à la pénurie d’électricité qui s’annonce."
- Les importations privilégiées d’électricité en péril: comme chacun sait, les contrats d’importation privilégiée d’électricité d’origine nucléaire conclus avec la France expireront à partir de 2016. Droit européen oblige, l’UE exerce une pression de plus en plus importante sur la Suisse. Le risque existe que les importations privilégiées ne soient plus assurées à l’avenir. Ce n’était pas prévisible en 2005 et cela a pour effet de mettre l’approvisionnement en électricité de la Suisse encore davantage en péril par rapport aux prévisions de 2005.
- Le développement des énergies nouvelles se heurte à des résistances: la construction d’installations de production de nouvelles énergies renouvelables rencontre de plus en plus de résistances de la part des organisations de défense de l’environnement et des populations locales. Qu’il s’agisse de projets biomasse, hydrauliques ou éoliens, la crainte de nuisances sonores et olfactives et d’émissions atmosphériques nocives et les réserves émises concernant la détérioration des paysages font que le développement des nouvelles énergies renouvelables est beaucoup plus lent que ce qui avait été prévu en 2005. Heinz Karrer: "Nous ne nous attendions pas à cette résistance à l’égard des installations de production de nouvelles énergies renouvelables et cela complique le développement projeté de la part des énergies renouvelables. Malgré de gros efforts et d’importantes subventions, la production d’électricité d’origine éolienne et solaire ne couvre toujours que moins de 0,1% de la consommation en Suisse."
Les options pour la Suisse
Au cours des prochains semestres d’hiver, la Suisse va donc se trouver confrontée à des problèmes d’approvisionnement ponctuels. Après 2020 – c.-à-d. au moment où les centrales nucléaires de Beznau I et II et de Mühleberg devraient arriver au terme de leur cycle d’exploitation – il faut s’attendre de manière croissante à ce que la pénurie d’électricité se généralise tout au long de l’année. «Axpo entend contribuer de façon majeure à combler la pénurie d’électricité qui se dessine, de manière à ce que, à l’avenir, la Suisse puisse disposer à tout moment d’une quantité suffisante d’électricité quasiment exempte de CO2 et proposée à un prix avantageux», déclare Heinz Karrer, CEO d’Axpo. «Nous ne pouvons assurer la sécurité d’approvisionnement que si nous disposons en Suisse de capacités de production suffisantes. Le mix électrique futur devra donc être diversifié pour garantir un haut degré de sécurité d’approvisionnement: c’est la seule manière de limiter les risques.»
Malgré le développement des nouvelles énergies renouvelables – Axpo va y investir environ trois milliards de CHF d’ici à 2030 – ces initiatives ne parviendront pas à résoudre la pénurie d’électricité, pas plus que les mesures d’économie et d’amélioration de l’efficacité énergétique. Et de très loin. De grandes centrales seront indispensables pour garantir à l’avenir l’approvisionnement en électricité de la Suisse dans de bonnes conditions de rentabilité. Néanmoins, le potentiel de l’énergie hydraulique est quasiment épuisé en Suisse et les centrales combinées à gaz et les centrales à charbon ne sauraient entrer en considération pour la production d’électricité en raison de leurs émissions de CO2 très élevées. En revanche, l’énergie nucléaire est quasiment exempte de CO2 et affiche les coûts de production les plus bas.
| Communiqué de presse | ||
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| Communiqué Axpo Holding SA, le 20 mai 2010 | 32 kB | |

